21/ Élias de Bonpassant – À l’épreuve

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Comme chaque soir, on sort promener les chiens. Mi-randonneurs, mi-flâneurs, on fait une boucle de cinq-six kilomètres à travers vergers, vignes, bois et champs. Parfois, on descend jusqu’aux rives du Rhône, mais le plus souvent on bifurque avant, aux abords du village de Laveyron. Il nous arrive de pousser jusqu’à Saint-Uze. Après l’implacable chaleur de la journée, la nature est douce à cette heure, quand le soleil commence à décliner. La lumière ambrée chauffe agréablement ma peau et caresse toutes choses, moucherons, arbres, nuages… Tout me semble somptueux. Tout est somptueux. Après le matin, quand je me réveille auprès d’Élias, c’est mon deuxième moment préféré de la journée. La marche délasse mon corps éprouvé par dix heures à bosser dans les jardins. Je me suis lancé dans des travaux relevant plutôt du métier de paysagiste – pour une fois que j’ai la liberté et les moyens, j’en profite – et, encore aujourd’hui, je n’ai pas fait la moitié de ce que j’avais prévu. Bonpassant est trop grand pour moi seul…

On arrive au sommet d’une colline. Alors que Morphy, Yin et Yang s’en vont s’ébattre dans les vignes, on s’assoit sur le talus, dans la folle-avoine et le thym sauvage, pour admirer le panorama. À l’ouest, serpente le fleuve, à l’est on aperçoit l’Autoroute du Soleil bordée d’éoliennes. Un grand nuage violet ourlé de lumière passe sous le soleil en le frôlant. La brise nous apporte des parfums de paille fraîche, de lavande et de sous-bois. Élias est serein à mes côtés. Moi pas trop… Ça me désagrège d’être aussi heureux, ou plutôt de sentir que je devrais l’être mais que je n’y arrive pas. Depuis notre retour de Paris, il y a dix jours, j’ai ce nœud dans le bide. À chaque fois que je crois m’en être débarrassé, c’est dans des moments comme celui-ci, où tout est parfait, où je devrais nager en pleine zénitude, que je le sens qui se resserre. Je pensais que le temps ferait les choses, mais je me trompais. Mon malaise intérieur s’accroche. À croire que je ne suis pas fait pour la perfection… Élias me passe son bras autour des épaules et me bise la tempe.

— Tu es bien silencieux. Fatigué ?

— Ouais. Je suis claqué.

— Pourquoi tu t’imposes des journées pareilles, aussi ? Personne ne te demande de travailler comme un forçat de l’aube au crépuscule. Tu pourrais te faire un emploi du temps plus light.

— Ben non, je n’arrive déjà pas à avancer comme je veux. Tu as vu tout ce que j’ai mis en route? C’est comme si j’avais dix plats sur le feu. Pour y arriver, il me faudrait un clone…

— Il y a une solution plus simple que de te cloner, rigole-t-il, embauchons quelqu’un pour te prêter main forte.

— Qui ça ?

— Je ne sais pas. On va trouver.

— Bah, laisse tomber. Si c’est pour me coltiner un mec qui ne fait pas comme je veux…

Son regard me fouille. Comme souvent ces temps-ci, il cherche à percer mes pensées, alors que moi-même j’y ai renoncé.

— Justin… Qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi tu ne me dis pas ce qui te travaille ?

Il a prononcé mon prénom sur un ton tendre et grave, légèrement réprobateur. Il fallait m’attendre à ce que la question tombe un de ces quatre…

— Qu’est-ce qui te fait penser que quelque chose me travaille? dis-je, histoire de gagner du temps.

— Je ne sais pas… Je me trompe peut-être, mais tu… Tu es distant et tendu, parfois. Tu me fais l’effet d’un animal traqué.

S’il savait que c’est par moi-même que je me sens traqué… Je soupire et reporte mon regard à l’horizon, vers les reliefs lointains, mauves et bleutés. Il me pose sa main sur la nuque, joue avec mes cheveux.

— Hé… Parle-moi, insiste-t-il.

— Bah, ce n’est rien. Des inquiétudes à la con…

— Des inquiétudes à propos de quoi ?

Je me connecte à nouveau à la chaleur de son regard. Par quoi commencer? Est-ce que ça vaut le coup que je l’alourdisse lui de tout ce qui m’alourdit moi? Non, je ne crois pas. Mais il attend, patient, peut-être légèrement anxieux, attarde son attention sur mes lèvres, dans mes yeux et sur mon front.

— Je n’en sais rien, dis-je le plus sincèrement du monde. Je me sens un peu paumé, en ce moment. Je t’aime, et… Je crois que…

Je ne peux décidément pas lui avouer que, tout simplement, je me trouve naze à côté de lui. Il refuserait de l’entendre. Il m’aime, et quand on aime une personne, on ne veut pas la voir se dénigrer. C’est normal. Se mettre plus bas que terre devant celui ou celle qu’on aime est la dernière des conneries à faire, c’est pile le genre de confidence qui sème le doute et fissure l’harmonie. Or moi, je ne veux pas la fissurer notre harmonie. C’est un impair que j’ai su éviter d’instinct avec Laurène, il faut que je tienne bon avec lui aussi, et que je m’en dépatouille seul. Bon, il attend toujours que je parle. Il faut quand même que je lui réponde quelque chose, au moins une partie de la vérité.

— C’est tellement bien d’être avec toi que, paradoxalement, je n’arrive pas à me détendre complètement. J’ai peur de te décevoir, de ne pas savoir profiter de ce qu’on vit comme il faut, de commettre des erreurs… Enfin, tu vois, ce genre de truc.

— Me décevoir ? Enfin, mon chat… Quelle drôle d’idée. Tu vois bien comme je suis transformé depuis ton arrivée ici. Tu es mon bienfaiteur, mon guérisseur… sourit-il. Il faudrait que tu deviennes quelqu’un d’autre pour me décevoir.

Wow, je ne m’attendais pas à un tel compliment. Son bienfaiteur? Il exagère… Comme je ne sais pas quoi répondre, je soutiens son regard en rougissant. Je déglutis. Je n’en mène pas large. Il fronce les sourcils à cause du soleil, mais son visage n’est que tendresse. Il est beau. Sa bienveillance m’oppresse autant qu’elle me touche. J’ai envie de ses lèvres tout à coup, envie de respirer l’odeur de sa peau… J’aimerais qu’on fasse l’amour, là, maintenant. Je me mords l’intérieur de la joue jusqu’au sang. Il n’y a que quand on baise que je retrouve confiance. Quand je vois ce qu’on est capables de se donner mutuellement, dans ces moments-là, alors je cesse de douter de moi ou de me trouver nul. Pourquoi ce n’est pas tout le temps comme ça ?

— En fait, tu es plus torturé qu’il n’y paraît, remarque-t-il.

— Non pourtant, je ne le suis pas de nature. Mais depuis toi, je ne sais pas, ça me… Ça me… Je pense souvent au jour où nous deux ça s’arrêtera, et ça me rend malade…

— Ça ne s’arrêtera peut-être pas, dit-il, ému.

C’est ça aussi que j’adore avec lui, il ne cherche jamais à m’endormir avec des banalités et n’a jamais les réactions auxquelles je m’attends. On se sourit comme des ânes, chacun perdu dans le regard de l’autre. Les mots ne sont pas suffisants pour dire ce que je ressens pour lui. D’ailleurs, le sexe non plus. Il faudrait inventer un autre langage. Je sais qu’il sait que je ne lui dis pas tout, à sa manière de me scruter encore. Il m’embrasse, sans doute conscient que c’est la réponse la plus réconfortante qu’il puisse m’offrir.

— Ça ne t’arrive jamais, à toi, de t’inquiéter pour l’avenir?

— Je vis dans l’instant, moi, tu sais, me répond-t-il. Depuis mon aller-retour chez Madame La Mort, je ne sais plus faire autrement. J’ai dû apprendre à ne plus m’angoisser pour le futur ni à regretter le passé. Me délester de ces préoccupations parasites, renouer avec le présent, m’a été nécessaire pour reprendre pied.

— Vivre dans le présent… Ouais… J’aimerais bien y arriver tout le temps.

— De nous deux, c’est moi qui devrais m’angoisser. Après tout, je suis amoureux d’un hétéro. Rien ne me garantit que, demain, tu ne tombes pas sous le charme d’une demoiselle. Si je commence à penser à ça, mon dieu…

— Tranquillise-toi là-dessus, va. La meuf qui m’apportera ce que toi tu m’apportes n’est pas encore née.

— Je te trouve bien sûr de toi. Tu n’en sais rien du tout.

— Ne parle pas de malheur.

— Tu as raison. Je vais nous porter la poisse! De toute façon, je n’ai plus ce qu’il faut en moi pour composer avec des pensées négatives et des doutes de ce type. On en a déjà parlé. C’est un luxe que je ne peux plus me permettre.

— Je sais. Je comprends… C’est pour ça aussi, que je n’ai pas trop envie de te prendre la tête avec tout ça. Enfin, tu parles d’un luxe…

Il me tue. Il sourit, comme si on bavardait d’un sujet léger, voire amusant. Bon, il ne faut pas que j’oublie ce qu’il a vécu… Il ne faut pas que j’oublie que sa résilience lui a appris, depuis le temps, à faire le tri entre les peurs fondées et celles irrationnelles. Or, mes craintes potentielles au sujet de la pérennité de notre amour, à ses yeux, font partie de la seconde catégorie. Je sais qu’il a raison, que c’est débile que je m’embarrasse de ça au lieu de vivre les choses à fond. Pourtant, cet état d’esprit bizarroïde qui m’oblige à anticiper une catastrophe qui n’aura peut-être jamais lieu est là et bien là, que je le veuille ou non. Aimer me fait perdre mon insouciance. Vraiment, c’est absurde.

— Écoute, mon chat, je pourrais t’en parler de l’avenir, te rassurer avec des promesses. Ce serait facile, bien sûr, mais j’aurais l’impression de te mentir. Si toi tu veux faire des plans sur la comète et rêver à haute voix aux lendemains qui chantent, si ça te fait du bien, tu es libre évidemment, et je t’écouterai avec plaisir, mais n’attends pas de moi la même chose… Je ne lis pas dans les boules de cristal. L’avenir ne m’inspire rien parce qu’il n’existe pas. Il ne tient qu’à nous de le tisser, chaque jour.

— Tiens, je reconnais ces mots-là… J’ai de plus en plus l’impression que tu t’es inspiré de toi-même pour imaginer « l’Improvisateur » de ton bouquin, je me trompe ?

— Tout juste. Comme quoi, tu vois, tu commences à me connaître. Ce personnage est en effet celui dans lequel j’ai le plus mis de moi. Mais, en fait, je ne dis rien de plus que dans la chanson d’Étienne Daho…

Son téléphone sonne.

— Ah, c’est Lydie. Excuse-moi, je dois décrocher.

Lydie est sa relectrice. Il attend son coup de fil depuis ce matin. Elle va me priver de lui pendant quelques jours. Il m’a prévenu. Je le bois des yeux pendant qu’il l’écoute. Il joue avec un brin d’herbe entre ses doigts. J’ignore ce qu’elle lui raconte, mais elle le fait rire. Putain… Je ne pense pas qu’il mesure à quel point je l’aime. J’ai hâte qu’on rentre, hâte qu’on s’essouffle de plaisir ensemble. Je suis obnubilé par le sexe, en ce moment… Par le sexe avec lui… Ils ne parlent pas longtemps, mais conviennent en effet d’un rendez-vous. Voilà, il va partir à Lyon dès demain pour valider ou non avec elle les ultimes modifications à apporter à son livre, et moi, pendant ce temps-là, de mon côté, je vais tranquillement dépérir dans ma mésestime à la con. Après, le roman va enfin sortir. Mais du coup, il va devoir se rendre sur des plateaux TV, répondre à des interviews, se coltiner des tonnes de séances de dédicaces dans tout le pays. On ne va plus se voir qu’en pointillé. Moi qui avais hâte que son livre sorte enfin pour qu’il soit plus libre, je n’avais pas réfléchi à ce que la promo d’un événement aussi attendu impose à son auteur…

S’il ne m’a pas invité à venir vivre au château, c’est l’inverse qui s’est produit. Il s’est installé au Pavillon des Vignes avec moi. C’est encore mieux. Mon vœu de partager notre quotidien est ainsi exaucé et, comme je le présageais, le côtoyer dans l’intimité m’a rendu encore plus amoureux de lui. Sa tour n’est plus que son lieu de travail. Quand il ne s’y trouve pas, en journée, c’est qu’il s’est installé avec son ordi, soit dans la serre, au milieu des oiseaux et des papillons, soit quelque part en plein air, à l’ombre d’un arbre. Je le soupçonne d’avoir attaqué le troisième volet de l’incroyable saga des Dieux hurlants. Régulièrement, je le surprends à s’absenter dans une profonde rêverie. Il part si loin, parfois, que j’ai du mal à le ramener sur terre. Même la nuit ça ne le lâche pas. Deux fois déjà, alors qu’une envie de pisser m’a réveillé à trois ou quatre heures du mat’, je l’ai surpris en train de pianoter fiévreusement sur son ordi, là, à côté de moi, dans le lit. Élias, je pense, vit autant dans son imaginaire que dans la réalité. J’en suis même arrivé à la conclusion que ces deux dimensions sont pour lui d’une importance égale. Je suis un peu jaloux de ses mondes fictifs où je ne suis pas… Pour se reposer la tête, il lui arrive de venir voir ce que je fabrique au jardin, et même de me donner un coup de main, mais c’est rare. Ce qui est moins rare, par contre, c’est qu’il dise oui à la petite sieste que je lui propose après le déjeuner, à l’heure où le soleil tape fort… Ce moment partagé n’a alors de sieste que le nom… Parce qu’elle est fraîche, on investit sa chambre, cette chambre de prince aux murs monumentaux où il ne met plus les pieds. On n’y reste rarement plus d’une demi-heure. Mais quelle demi-heure… On y parle un peu, on s’y câline pas mal, on y baise beaucoup. On n’y dort jamais.

Il raccroche, me confirme qu’il part demain matin à huit heures, il ignore combien de temps exactement. Tout dépendra… Il siffle ses chiens qui rappliquent aussitôt, toute langue dehors, la joie de vivre incarnée, puis on reprend notre cheminement. En rentrant, on a prévu de manger dehors, comme à notre habitude. Seulement, moi, je veux faire l’amour avant. Ça me dévore… J’hésite à lui montrer trop crûment. Même s’il est aussi gourmand que moi, j’ai peur qu’il finisse par me trouver obsédé. Il aurait raison. Peut-être qu’on fait trop l’amour et que ça devient une drogue pour moi. Avec Laurène, je savais me tenir. Réprimer mes envies et attendre de m’aligner à son désir à elle constituait même un jeu agréable qui participait au plaisir. Avec lui, je ne peux pas endurer d’attendre. C’est sûrement aussi dû au fait qu’il ne me repousse jamais, au contraire. Il est toujours d’humeur, comme moi…

Les chiens sont déjà loin devant nous. Ils connaissent le circuit par cœur et savent qu’une gamelle bien remplie les attend à l’arrivée. À la faveur de la protection du bois des Sentes que nous sommes en train de traverser, je me saisis de lui par la taille, stoppe notre marche et lui impose un baiser sauvage. Après une seconde de surprise, il me répond sur le même mode, m’empoigne. Nos gestes frôlent la violence. De loin, on doit ressembler à deux mecs qui luttent. Je l’accule hors du chemin, jusqu’à un grand chêne. Des branchettes et des feuilles sèches craquent sous nos pas précipités. Je le bloque entre moi et le tronc de l’arbre, me presse fort contre lui. Je sais qu’il ne tolère cette brusquerie que de moi. Et vu comme il me sourit, c’est loin de lui déplaire. Nos bouches se joignent encore, nos langues se provoquent. Je le flaire et lui murmure mon envie de lui, soulève son tee-shirt pour caresser et lécher sa peau. Je suis déjà essoufflé. Il m’excite tellement…

— Quelqu’un pourrait passer. Viens, me dit-il.

On s’enfonce plus loin dans le sous-bois, trouvons un autre arbre contre lequel s’adosser. On se frotte, on s’embrasse, on se dessape à moitié, on se palpe. On s’emporte. Nos souffles croisés tremblent, nos érections s’aggravent. Il s’agenouille soudain dans l’humus, s’y laisse tomber, presque. Mon sexe ultra bandé lui arrache un sourire irrésistible. La douceur de sa bouche vient en soulager l’incandescence. Ma tension nerveuse s’estompe au profit d’une volupté qui me fait râler de bonheur. Sa bouche… La vache… Il a appris la fellation chez les dieux de l’Olympe, ce mec, ce n’est pas possible autrement… Je m’agrippe à l’écorce comme si le monde allait basculer en apesanteur. Quelque part, c’est vrai, je passe en mode apesanteur quand Élias me suce. Je le regarde faire, reconnaissant, fou d’amour. Sans s’interrompre, il abaisse mon slip et mon short plus bas sur mes mollets, et me glisse sa main entre les fesses. Il n’a besoin d’aucune clé pour accéder au nouveau temple de ma sensibilité. C’est lui qui l’a construit ce temple. Il le connaît mieux que moi-même. Il me donne du plaisir avec lenteur, insistance et régularité, le parfait cocktail, celui qui me fait le plus d’effet. Il le sait. J’en ferme les yeux. Je ne sais pas ce qui me tue le plus, sa bouche généreuse ou son doigt inquisiteur. Ni l’un ni l’autre. Ce qui me rend vraiment dingue c’est sa ferveur.

Les sons mêlés de l’instant, chants d’oiseaux, feuillages remués par la brise et succion de ses lèvres, se perdent derrière celui de ma respiration haletante. Je prends un pied invraisemblable. Je commence à divaguer. Si je laisse courir, tout va déjà se terminer. Je l’invite à se relever. Vite, intervertir nos places et nos positions, lui offrir la pareille, ou presque… C’est drôle comme s’envoyer en l’air en pleine nature me pousse à me dépêcher. Peu de chance qu’il se produise un imprévu pourtant. Mais vouloir atteindre la jouissance rapidement a quelque chose d’hyper grisant aussi. J’aime ça. Je m’y prends de mieux en mieux pour le sucer, je le sais à ses réactions. Je me gorge de lui sans compter, jusqu’à sentir le sel de sa première sève, jusqu’à lui arracher des murmures de plaisir. Sa queue est un délice, une perfection, une ode à la Vie. Quand il me ramène à lui pour avoir ma bouche, on est proches du but tous les deux. Il veut nous achever ensemble, les yeux dans les yeux, comme il aime. Mais, l’idée d’une autre conclusion me taraude. Je bloque sa main qui pourtant m’enchante, et me fais comprendre d’un regard. Il me fait pivoter face au tronc avant même que j’ai le temps d’amorcer un mouvement. On n’a certes pas sur nous notre confort habituel pour la bagatelle, lubrifiants et autres huiles essentielles, mais il fait ce qu’il faut. Il sait improviser, mon amant adoré. Ses va-et-vient m’envoûtent, m’ouvrent les portes du septième ciel. De la lascivité à l’impétuosité, il met, comme à son habitude, tout le soin et l’énergie possible à me rendre fou de plaisir. J’en oublie ma hâte. Je me mets bientôt à répéter mon plaintif « c’est si bon » qui l’excite beaucoup, m’a-t-il confié il y a peu. C’est vrai, c’est tellement bon, que pourrais-je dire d’autre? Quand il me baise, je me mets à délirer un peu à la fin, et à dire des trucs… Ça aussi, sortir du silence pendant l’acte, c’est nouveau pour moi… Soudain, il m’assaille vite et fort, me branle, s’essouffle dans mon cou, réclame ma bouche, ma langue… Ça y est, il lâche prise. Sa respiration vibre, et tout son être avec elle. Sa jouissance déclenche la mienne. Le roulement de tonnerre de l’orgasme nous assourdit simultanément. Élias me garde dans ses bras, le temps de calmer nos souffles et nos cœurs. Puis, on s’embrasse, étourdis et heureux. On remet nos vêtements en ordre. Je m’y sens à l’étroit, la vache… Une grimace m’échappe en reboutonnant mon short.

— Ça va ? s’inquiète aussitôt Élias.

— Oui, c’est seulement que quand tu me fais jouir comme ça, j’ai du mal à débander, après.

Il vient m’enlacer en se mordant la lèvre. Il a son regard qui brille.

— J’avais remarqué, dit-il avec, me semble-t-il, une pointe de sadisme. Rentrons. On continuera à la maison.

***

Amanda a repris ses quartiers d’été au château, afin de profiter de sa dernière semaine de congés. Ses parents et son frère sont à la Guadeloupe, chez les grands-parents paternels, et son homme est accaparé par l’ouverture de son restaurant, à Tournon. Il commence tellement tôt et rentre tellement tard que je n’ai pas réussi à le croiser depuis qu’ils sont revenus. Elle se retrouve donc seule comme moi, toute la sainte journée. Mais contrairement à moi, ça ne la gêne pas, au contraire. Elle apprécie sa tranquillité, la Princesse. Et elle, au moins, retrouve son mec la nuit. Elle est revenue de son séjour à Malte encore plus rayonnante. Pendant que je me tue à la tâche sous mon chapeau de paille, à tailler, couper, déterrer, biner, planter, tondre, dépoter, rempoter, arroser, désherber, etc., Madame, elle, profite des beaux jours, et elle a bien raison. En l’absence de mon chéri, elle m’a proposé de nourrir les bêtes, chiens, chats, poules, lapins, perruches, canaris et poissons… Évidemment, j’ai accueilli son aide avec joie. En dehors de cette tâche qu’elle affectionne, elle savoure la paix des lieux en compagnie d’un bon bouquin et d’un jus de fruit frais, ou va faire des balades à cheval avec une copine, une blonde fadasse prénommée Mélissa qui s’est à peine fendue d’un « salut » quand je me suis présenté. Comme on ne vit pas du tout au même rythme elle et moi, on se croise finalement peu. On se prend un verre ensemble à ma pause de seize heures. Parfois, tout en travaillant, je l’observe du coin de l’œil, alors qu’elle elle se prélasse, sublime, en bikini. Quand le désir se réveille, mes pensées vont aussitôt vers Élias. Il a tort de craindre qu’une fille puisse me détourner de lui. Par contre, son absence me rend littéralement maboule. Si, par malheur, je me mets ainsi à penser au sexe, j’ai l’impression de me mettre en danger de combustion spontanée. Je peux le dire, aujourd’hui, je comprends dans ma chair ce que signifier « être en manque ». Quand il va rentrer, je vais le dévorer tout cru. Une semaine qu’il est absent, trois jours qu’il repousse son retour… Je n’en peux plus. Mes journées sans lui, pourtant bien remplies, me semblent interminables. Du coup, pas le choix, je m’épuise à la tâche. En plus de tout le boulot que j’ai à abattre, j’aide Fred à s’occuper des chevaux, dès l’aube, puis à faire son potager. Mine de rien, grâce à lui j’apprends plein de trucs et astuces précieux, et ça, c’est cool, ce sentiment de m’instruire. Travailler dur m’oblige à m’endormir hyper tôt et, ainsi, me permet d’écourter mes soirées de célibataire. Un repas copieux avalé devant un film, une bonne douche, une bonne branlette, et hop, à vingt-et-une heures, au dodo. Hier soir, j’ai même sauté les deux dernières étapes, j’ai sombré à même pas un tiers du film, un film d’action bien bourrin pourtant…

David, tout juste revenu de deux semaines de vacances au Canada, m’a proposé de l’accompagner en boîte, mais je suis trop crevé. Et, bon, aller m’amuser sans Élias, ça ne me dit rien. Je lui ai proposé de venir boire un verre ici, avec moi. Puisqu’on est dimanche… Tiens, d’ailleurs, il ne devrait pas tarder. Je ferais bien d’aller me rafraîchir un peu. Je poursuivrai mon activité terreuse de séparation des iris ce soir, à la fraîche.

Je sors à peine de la salle de bains que j’entends le bruit de sa moto. Je me rends compte que ça me fait hyper plaisir de le revoir. Il est beau comme tout, aussi bronzé que moi, reposé. On se tombe dans les bras l’un de l’autre. On s’installe dehors à table, sous le platane, avec nos bières glacées. Il me narre le Québec, m’explique que c’est la troisième fois qu’il y va et qu’il y vivrait bien s’il ne craignait pas tant le froid.

— En même temps, je dis ça, mais mes proches me manqueraient trop, et mes patients aussi. Quel malheur d’être sentimental. On serait bien plus libre si on ne s’attachait pas.

— À qui le dis-tu…

— Et toi, alors, ça va toujours avec le bel Élias?

— Sauf quand il m’abandonne, comme maintenant, ouais, ça va super. On est raide dingue l’un de l’autre…

Il attend la suite, mais je plonge le regard dans mon verre.

— Sentirais-je poindre un « mais »? s’étonne-t-il. Il y a un problème?

— Ouais, on peut le dire…

— Tu n’es pas obligé de m’en parler si tu n’as pas envie, mon beau, hein, s’empresse-t-il d’ajouter en me voyant hésiter.

— Il n’y a pas grand chose à dire. Le problème en question s’intitule Justin Bertignot. Je prends l’eau, mec… Ouais, je prends l’eau…

— Ben alors? C’est quoi l’histoire? Qu’est-ce qui t’arrive?

— Si je le savais. Je ne sais pas comment te dire. Je me sens à chier, à côté de lui. Tu verrais comment il me regarde pourtant, comme le Messie en personne! Mais moi, j’ai sans arrêt l’impression de ne rien valoir, tu vois?

— Tu fais une petite crise d’ego, on dirait, fait-il doctement.

— Petite, petite… Pas si petite que ça. Je vis dans l’angoisse qu’Élias se détourne de moi. Ma vie est minus. La sienne est immense.

— Mais non, voyons. Crois-moi, chaque vie se vaut. Quel signe te laisse à penser qu’il pourrait se détourner?

— Aucun signe… C’est l’osmose nous deux. Non, c’est moi. J’angoisse à mort. C’est comme si j’avais honte de n’être que moi. Je sais, c’est chelou… Je n’arrive pas à me raisonner. Il n’y a que quand on baise que je me sens d’égal à égal avec lui. Le reste du temps, je te jure, je ne suis pas fier de moi.

— Ben c’est déjà ça, tu me diras, fait-il, philosophe. Et qu’est-ce qui pourrait changer ça, alors? Qu’est-ce qui te rendrait fier?

— Je ne sais pas… Une certaine réussite professionnelle, peut-être. Mais, tu parles, je n’ai que le bac. Qu’est-ce que tu veux que je fasse à part survivre avec des petits jobs.

— Tu pourrais reprendre des études.

— Des… des études? Moi? Tu m’as regardé?

— Ça oui, je t’ai regardé, réplique-t-il avec un grand sourire.

— Me mettre à plancher, à mon âge, alors que je n’ai jamais été capable de faire mes devoirs sérieusement? Non…

— Ça serait différent, parce que ce serait ton choix.

— Pour être honnête, je n’ai jamais réfléchi à cette option, dis-je perplexe.

— Tu te sous-estimes gravement, mon lapin. Tu n’as même pas trente ans, la vie est longue. Lance-toi dans quelque chose qui te passionne et, tu verras, ça ira tout seul. Parole d’ex-commercial heureux dans son boulot d’infirmier !

— C’est vrai, toi tu as fait cette démarche. Je crois que tu es le mec le plus positif que la terre ait jamais porté, sérieux…

Ma remarque le fait rire. Là-dessus, Amanda se pointe, telle une apparition, moulée dans une culotte d’équitation et un tee-shirt bleu électrique.

— Salut les garçons. Je vois que ça rigole. Je peux m’incruster?

— Hello, bellissima! s’exclame David en se levant pour lui faire la bise.

— Viens boire un coup avec nous. Regarde ça, on a fait les choses dans les règles de l’art, dis-je en lui désignant le seau de glace où j’ai plongé bouteilles de bière et sodas. Je vais te chercher un verre.

— Ne bouge pas, je bois directement au goulot, fait-elle en choisissant une limonade. Alors, vous parliez de quoi?

— On disait que Justin veut reprendre des études.

— C’est vrai? s’exclame-t-elle avec surprise et enthousiasme en me dévisageant.

— Mais non, n’importe quoi. C’est lui qui vient de lancer l’idée.

— Ça ne te tenterait pas?

— Tu devrais y réfléchir, insiste David. Avoir un diplôme, ça t’aiderait peut-être à te sentir mieux.

— Pourquoi, tu te sens mal? m’interroge aussitôt Amanda.

Je fusille David du regard. Comme si j’avais envie d’aborder mes troubles anxieux ici et maintenant. Me voilà coincé.

— Disons que je complexe un peu, par rapport à Élias.

— Ben Élias, pourtant, ce n’est pas un exemple en matière d’études. Il a arrêté l’école en seconde.

— Je sais. Il a d’autant plus de mérite d’en être là où il en est aujourd’hui. Tout le monde n’est pas doué comme lui. Surtout pas moi.

— Ce n’est pas ce qu’il dit, fait-elle d’un air malicieux. Il m’a parlé de tes carnets de collages et de toutes les idées géniales qui te viennent sans arrêt. Il t’admire au moins autant que tu l’admires.

— Tu… Tu crois ? dis-je, troublé. J’en doute.

— Voyons, Justin, intervient David, si tu as une mauvaise opinion de toi-même, c’est une chose, mais laisse au moins les autres avoir la leur.

— Il a raison, renchérit la belle. Et je te rappelle qu’Élias n’est pas du genre à flatter ou à mentir. S’il le dit c’est qu’il le pense.

— Je sais qu’il ne pense que du bien de moi. On vit ensemble. Seulement mettez-vous à ma place. Je gagne le smic, je suis son jardinier… Je ne suis qu’un branleur de banlieue mis au vert. Autant dire que je ne suis rien. Je n’ai jamais rien fait de ma vie. Lui il est brillant. Il a tout… Je ne pense pas qu’il ait envie de vivre avec un looser dans mon genre très longtemps.

— Si c’est ça qui t’inquiète, alors tu sais ce qu’il te reste à faire, passe un diplôme, réplique David.

— Franchement, Justin. Si Élias savait que tu as cette vision de toi-même je crois qu’il hallucinerait.

— Je sais… Évite de lui vendre la mèche, s’il te plaît.

— Bien sûr. C’est à toi de lui en parler. Essaye de ne pas trop tarder. Ce n’est pas bon de laisser pourrir ce type de pensées dans un couple.

— Je la rejoins, dit David. Parle-lui. Il est le mieux placé pour te rassurer.

— Je n’ai pas besoin d’être rassuré. J’ai besoin d’accomplir quelque chose de bien. Mais bon, allez, assez parlé de moi… C’est ma merde après tout.

— Et la transformation des jardins, ce n’est pas l’accomplissement de quelque chose de bien, peut-être? lance Amanda, en éludant ma dernière remarque. Je ne sais pas ce qu’il te faut ! Tu es doué et tu ne t’en rends même pas compte.

— Notre ami souffre d’un manque de confiance en lui et se dévalorise, il va falloir remédier à cela, décrète David en me visant d’un regard coquin.

— Ouais. David et moi, on va te coacher, tu vas voir. Hein, David?

— Absolument. Je suis fort pour ça, en plus. Remonter le moral des troupes, ça me connaît.

Ils m’assomment de conseils, de solutions et d’idées… Que puis-je faire seul contre eux deux ? Ensemble, ils sont ingérables. Je les laisse donc dire. Ils sont mignons… Je finis même par en rire. Je n’ai pas vraiment l’habitude d’être ainsi le centre de l’attention. Mais, mine de rien, cette idée de reprendre des études n’est peut-être pas si bête. Il va falloir que j’y réfléchisse. Après tout, si certains y arrivent, pourquoi pas moi? Mais quelles études entreprendre? Je me vois mal me lancer dans un cursus qui prendrait des années. Ça me décourage rien que d’y penser. On verra si l’idée suit son chemin… Il sera toujours temps de me renseigner si je la sens s’enraciner.

***

Il est vingt-deux heures. Élias est bientôt de retour. Enfin! Il a pris le dernier train Lyon/Saint-Vallier et ne devrait plus tarder. Dans son dernier SMS, il me dit qu’il attend son taxi. Une fois n’est pas coutume, j’ai picolé pour me détendre. Bon, peut-être un peu trop… Si j’avais eu une bagnole à dispo, je me serais abstenu et j’aurais été le chercher, mais, exceptionnellement, Fred et Mathilde sont dans sa famille à elle et ne reviennent que demain. Et, bien sûr, je n’ai pas pensé à leur demander les clés de la fourgonnette. Ras-le-bol de dépendre des autres sans arrêt. M’acheter une voiture est le premier truc je ferai quand j’aurai suffisamment d’argent. Puisque Monsieur ne conduit pas… Après le départ de David et Amanda, je n’ai pas eu le courage de retourner bosser et j’ai continué à me descendre des bières en traînant sur Internet. Puisque je suis coincé ici, je peux bien m’accorder une petite relâche en attendant mon soupirant, après tout. Au moins, paf comme je suis, je n’entends plus mes angoisses. En avoir parlé à David et à Amanda a peut-être aussi dédramatisé un peu les choses. Par contre, je ne tiens plus debout. Il y a des chances que je m’endorme avant qu’il arrive. Tant pis… Je me traîne jusqu’à l’étage, puis jusqu’au lit. J’ai tout juste la volonté de me déshabiller. J’espère que le sentir se glisser contre moi me réveillera.

C’est un « Damned, mais tu pues l’alcool, chéri! » qui me fait émerger, et la chaleur de son corps nu contre le mien… Je souris à la pénombre sans avoir la force de me retourner.

— Hello toi, dis-je d’une voix pâteuse, en tâtonnant pour caresser ses cheveux. Ouais, je suis rond… C’est de ta faute. Je n’en pouvais plus de t’attendre.

Il me bécote dans le cou en ondulant contre moi. À ce que je sens il est très en forme. Nom de dieu, ce que j’ai envie de lui.

— Nous voilà bien. Si tu te soules quand je m’absente…

— T’avais dit trois jours, et tu pars sept… Il ne faut pas me faire des trucs comme ça…

— Ça a pris le temps que ça a pris, chéri, désolé. Ce n’est jamais évident d’évaluer l’ampleur d’une ultime relecture. Et comme l’imprimeur n’attend pas…

— La prochaine fois, emmène-moi avec toi.

— Tu t’ennuierais comme un rat mort.

Il me couvre, m’embrasse, me cherche. J’en défaille de bonheur. Je ne me suis encore jamais fait prendre en étant bourré. Je sens que ça ne va rien gâter.

— C’est maintenant que je t’emmène avec moi, me susurre-t-il d’une voix sourde.

22/ Élias de Bonpassant – Gueule de bois

Photo : ©JulietaArrigoni
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10 réflexions sur “21/ Élias de Bonpassant – À l’épreuve

  1. Deux chapitres à la publication rapprochée, tu nous gâtes 😀
    Je suis contente de voir que Justin a enfin pu parler de ce sentiment d’infériorité. C’est terrible, en plus d’avoir des angoisses, de savoir qu’elles ne sont pas justifiées sans pour autant parvenir à s’en défaire ! Je stresse facilement alors j’imagine bien ce qu’il peut ressentir.
    David a vraiment l’air d’être un mec super. J’aimerais connaitre quelqu’un comme lui, toujours optimiste, qui sait écouter et remonter le moral 🙂
    Je sens que des moments difficiles sont encore à venir mais je les attends de pied ferme (avec un peu d’appréhension quand même, due à l’empathie suscitée par tes personnages ^^).

    Merci pour ce chapitre en tout cas !

    Aimé par 1 personne

    • Quoi, tu n’es pas devant le duel électoral ??? 😉
      Merci !!
      J’ai pu mieux avancer que d’habitude parce que je suis en vacances quelques jours.
      Je ne te cache pas que moi aussi j’appréhende d’écrire le prochain épisode… Ça va être difficile pour moi !

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  2. Merci de ce nouvel épisode….j’apprécie beaucoup les questions existentielles de Justin qui pourrait se laisser porter et griser par l’amour fou. Oui, c’est euphorisant le sentiment d’amour et on peut aussi s’y perdre, s’y consumer…….se contenter de l’image que l’autre, amoureux, nous renvoie! Pour moi, Justin est un grand champ encore en friche, sa mésestime Elias l’a vécu aussi ….gravement, profondément….mais un travail a été fait, un travail de reconstruction ! Ce travail a été complété par son activité d’écrivain à succès et sa relation épanouissante avec ce tout nouveau compagnon. Justin s’abruti de travail, de sexe…..puis se saoule ……c’est comme un bateau à la dérive…..mais heureusement…..il peut en parler…..quelle chance! Je le comprends de ne pouvoir se confier et avouer à Elias ses doutes, son sentiment ……il l’a mis sur un tel piédestal……..j’attends avec impatience , j’aspire à cette complexité qui fait la richesse du cœur humain, rien n’est lisse , les aspérités, les méandres de nos chemins de vie sont le sel, le piment , le challenge , ce pourquoi je me lève le matin……le lisse est peut être réconfortant mais ne stimule en aucune manière nos compétences , nos richesses intérieures……l’adversité , le doute….qui peuvent parfois nous submerger……sont aussi des moteurs pour évoluer, sortir parfois le meilleur de nous-mêmes ….j’espère, pour ces deux garçons, que la destruction et le doute seront les grands perdants……j’imagine que pour l’auteur , écrire la difficulté surtout existentielle est également une épreuve, un défi…
    J’ai beaucoup aimé dans l’épisode 20, la description des mains d’Elias…..elle m’a fait penser aux mains de Cocteau…tu sais il y a une photo de lui en noir et blanc, il est assis, ne sourit pas et ses mains sont au premier plan…..sublimes
    Bibi tout doux
    Ces garcons vont faire sortir de toi, le meilleur!!

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    • Wow, merci Ella !
      C’est vrai que le « tout lisses » n’existe pas dans la vie réelle, et, tu vois, moi, ce qui m’inspire et me fascine, et bien c’est justement, tout simplement, la vie réelle !
      Oui, je les visualise, les belles mains de Jean Cocteau. 🙂

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  3. Encore un très beau chapitre ! Tu mets parfaitement en évidence les conflits de sentiments, avec tout le chamboulement que ça implique dans l’esprit de Justin. Il rencontre une personne formidable, cela bouleverse sa vie et le rend accro, au point d’avoir de profondes craintes sur son incapacité à être à la hauteur sur le long terme. Comme le suggère David, la reprise d’études serait une bonne idée, à condition qu’il ne s’en serve pas comme d’un bouche-trou. Car cela ne réglerait pas le problème de fond.

    Il va falloir que Justin fasse le point sur son manque de confiance. Et vu la fin du chapitre, je la sens mal. Ne risque t’il pas de devenir alcoolique pour fuir ses questionnements et concrétiser l’image négative qu’il a de lui-même ?

    Dans tous les cas, je sens que le prochain chapitre sera décisif.

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  4. Toujours si émouvant . Je ne me lasse pas de lire cette histoire. Les sentiments contradictoires sont si bien écrits avec des détails qui accentuent la véracité de ces sentiments . Je comprends ce que ressent Justin , ce mal être….. on pressent un début de dépression …. Elias sera-t-il assez fort pour le soutenir lui qui a assez combattu contre ses propres démons? La suite nous le dira . Merci pour cette histoire .

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    • Merci pour ce com 🙂
      J’espère que la remise en question que traverse Justin ne va pas virer à la dépression qui est tout de même un mal grave et terrible. Je pense qu’il est trop solide pour se laisser sombrer face à la difficulté. On va bientôt le savoir. La suite arrive.

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  5. Le décalage (« intellectuel », professionnel, financier…) entre les deux personnes d’un même couple peut poser un indéniable problème. L’un peut se sentir en retrait par rapport à l’autre, défavorisé… C’est à celui dont le sort apparaît a priori le plus enviable de tenter d’y apporter des éléments de « détente », de rassurer l’autre. C’est sûr, que cela doit arriver assez régulièrement, même si ce n’est probablement pas la « règle » au sein des couples. Je pense pour ma part qu’une relative diversité des différences est une force, une chance si on sait apprivoiser ces différences. Je ne le pense pas, j’en suis même sûr.

    Aimé par 1 personne

    • C’est quelque chose que je connais dans ma vie, et oui, je te confirme, c’est une difficulté à surmonter mais source de connaissances de l’autre et de soi-même.

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