Keziah #5 – Un autre monde

Mezze

Rue Saintonge, assis sur un banc, Anh attendait Keziah juste en face du « Mieux-Être », le salon de massage où celui-ci travaillait. Fin novembre imposait un vent du nord incisif qui commençait à le transir de froid, mais peu lui importait. L’idée de revoir, d’ici quelques minutes, l’homme qui troublait ses nuits et hantait ses rêveries le mettait dans un état électrique. Il y avait, il le savait, quatre-vingt-dix-neuf chances sur cent pour que ce dernier apprécie de le découvrir là, dans la lumière du réverbère, en sortant de sa journée de labeur, et cette quasi certitude le réjouissait doublement. Il souriait tout seul rien qu’à anticiper son étonnement et, l’espérait-il, sa joie.

Deux mois s’étaient écoulés depuis leur rencontre et cinq jours depuis la dernière fois qu’ils s’étaient côtoyés, à l’occasion de la soirée mezzé que Keziah avait organisée chez lui pour fêter le doctorat de Louise. Entre ces deux événements, les deux garçons n’étaient pas parvenus à s’organiser une seule soirée en tête-à-tête et Keziah n’avait toujours pas visité l’atelier d’Ivry. Pourtant impatients de faire plus ample connaissance, ils n’avaient pu se voir que quelques fois en coup de vent au moment du déjeuner, à mi-chemin de leur lieu de travail respectif. La frustration suscitée par la brièveté et la rareté de ces entrevues passées à discuter dans le brouhaha d’une brasserie leur avait confirmé deux choses primordiales : leur entente et leur indéniable attirance mutuelle.

Si Anh, en ce jeudi soir, venait le cueillir au sortir de son travail c’était dans la ferme intention de le kidnapper de son charme. Il aurait pu le contacter via l’accueil du « Mieux-Être » pour le prévenir, mais il comptait sur l’effet de surprise. Bien que l’idée que se prolonge encore leur phase d’approche ne lui déplût pas – quand rien encore n’était consommé, qu’aucune déception ou fausse note n’avait eu l’opportunité de survenir, n’était-ce pas là le meilleur de la découverte amoureuse? – le désir de se rapprocher enfin physiquement de Keziah, après deux mois de contraintes, d’aléas et d’imprévus de son côté comme du sien, commençait à sérieusement lui brûler le sang. Et il savait, pour l’avoir lu dans ses yeux, dans ses gestes et dans ses sourires, qu’il en était de même pour lui. Ce soir, il espérait enfin le faire venir dans son territoire. Il lui montrerait son travail, et à un moment donné, il prendrait la liberté de l’embrasser. Il saurait sentir le moment idéal. Il s’y voyait déjà.

C’était fou, lorsqu’il y songeait, à quel point le hasard et les circonstances s’étaient acharnés à systématiquement contrarier leurs plans pour se voir. Entre les charrettes répétées au travail, les réunions familiales pour la Toussaint et une bonne semaine de crève carabinée qui l’avait vu garder le lit, Anh n’était jamais parvenu à trouver un créneau commun avec Keziah. Ce dernier était tout autant occupé par sa vie quotidienne. Il avait beau ne travailler qu’à mi-temps, les mille et une activités qu’il exerçait par ailleurs l’accaparaient seize heures sur vingt-quatre. Lorsqu’il ne travaillait pas rue Saintonge, du jeudi au samedi, il massait des clients à domicile, le lundi et le mardi, parfois jusqu’à pas d’heure, et le mercredi, il était animateur au centre de loisirs « Les Charmettes », dans son quartier et terminait la journée éreinté. Il lui avait expliqué que ce travail était le tout premier qu’il avait trouvé en revenant s’installer en France, à vingt ans. Non seulement le contact avec les enfants lui avait apporté des trésors d’énergie positive fort bienvenus au moment délicat de ce retour au pays, mais en plus, son rôle auprès d’eux lui avait permis de s’intégrer sans difficultés dans la cité de son enfance quittée à l’âge de onze ans. Enfants, parents, grands frères et grands parents, tous les habitants de Picasso avaient ainsi appris à le connaître et à passer outre son allure peu commune. Ce lien tissé avec les familles avait même fait du jeune homme une personne référente respectée et appréciée de tous ou presque. Lorsqu’il avait décidé de se dédier au massage, l’une de ses passions, il n’avait pu se résoudre à abandonner complètement les mômes et les collègues des Charmettes et avait donc décidé de continuer à leur consacrer ses mercredis.

Compte tenu de sa popularité dans le quartier, bien souvent, le soir après le travail, une seconde journée attendait Keziah. Tel gamin passait chez lui pour se faire aider sur un devoir scolaire, telle mère célibataire lui laissait son bébé à garder, tel lascar gay en détresse venait lui confier ses malheurs et sa fatigue de devoir mener une double vie… Le jeune homme aimait être ainsi sollicité. Aider les autres lui apportait sa dose de satisfaction quotidienne. C’était pour ainsi dire sa raison d’être. Très souvent également, il était invité à dîner chez tel ou tel voisin. Au final, comme tout l’immeuble connaissait sa disponibilité et sa gentillesse – et une tour de trente-cinq étages, ça fait du monde – il était rare qu’il passe une soirée seul. Or, les quelques fois où cela était arrivé malgré tout, et où il aurait pu passer du temps avec Anh, ce dernier n’avait malheureusement pas été disponible… Pour compliquer encore les choses, il hébergeait chez lui pour une durée indéterminée ses deux amis, Manal et Mili, épuisés et traumatisés d’avoir dû fuir la guerre civile au Soudan. Tant que le réseau associatif d’aide aux réfugiés dont il faisait partie, et qui lui avait confié la mission d’offrir un toit et du repos à ces deux jeune gens, n’était pas parvenu à régulariser leur situation administrative, il prendrait soin d’eux. Il s’y était engagé. Il continuerait également à leur enseigner le français et à les guider dans le fonctionnement de la société française afin qu’ils puissent démarrer une nouvelle vie dès que possible. Dans ces conditions, envisager des soirées amoureuses à domicile relevait de l’impossible. En somme, Keziah, avait peu d’espace à octroyer à l’éclosion d’une histoire d’amour, d’autant que les fragments de solitude dont il disposait, partagés entre la méditation et le dessinétaient tout aussi indispensables à son équilibre. Mais, Anh lui trottait dans la tête avec obstination, et ne pas parvenir à s’organiser pour lui accorder du temps commençait à le travailler. Heureusement que ce charmant garçon semblait armé de patience. D’un autre côté, ces obstacles constituaient une manière efficace d’éprouver la solidité de leur attachement tout neuf. 

Pour tromper son attente glaciale, Anh se remémora sa soirée à Nanterre, au vingt-sixième étage de l’une des deux grandes tours « Nuage », chez Keziah. Rien à voir avec les fêtes parisiennes enfumées et déprimantes dans lesquelles Gaëtan l’avait maintes fois traîné et où il s’était toujours ennuyé ferme. D’emblée, l’arrivée dans la cité HLM Pablo Picasso avait commencé fort. À peine Louise, Typhaine et lui avaient-ils posé un pied dans le quartier, qu’un comité d’accueil sous forme de trois caïds à capuche leur avait fait barrage. La peu impressionnable Louise, armée de son bagout légendaire, avait tenté de raisonner les kékés baraqués avec calme, mais sans succès. Alors, elle les avait mis face à leur bêtise en quelques remarques bien senties, ce qui, malheureusement, les avait aussitôt fait passer d’hostiles à menaçants. Les insultes avaient fusé et le ton était monté, tout comme l’inquiétude de nos trois visiteurs. Au hasard de ses tentatives de paix balbutiées et autres appels à la raison bégayés, Anh avait eu la lumineuse présence d’esprit de lâcher l’identité de leur hôte. Alors, à peine le nom de « Keziah Chahine » avait-il été prononcé que les trois affreux, comme envoûtés par un « sésame, ouvre-toi », s’étaient métamorphosés en gentils garçons. Ils s’étaient même fendus de quelques excuses et d’une poignée de main réconciliatrice. « Ah, mais vous êtes des potes à Keziah! Fallait le dire! Prenez plutôt l’ascenseur de gauche, il est plus propre et plus rapide. »

Suite à cette introduction aussi stressante que surprenante, mais dont, au final, ni lui ni les deux filles ne s’étaient privés de rire après coup, tout ce qu’Anh avait découvert ou redécouvert de son hôte durant cette nuit de fête avait achevé de le conquérir: sa façon féminine et lumineuse de se mettre en valeur, son sens de l’hospitalité, son appartement chaleureux, la qualité de ses convives, sa disponibilité sereine et son écoute égale pour chacun… Un prince en son palais… Assis par terre au milieu des coussins, autour de deux grands plateaux de cuivre surchargés de mets aussi jolis que savoureux, les traditionnels mezzés libanais, douze convives s’étaient trouvés réunis, dont un enfant et un chien. Outre Keziah, maître des lieux et organisateur des festivités, étaient présents: Louise, docteur en sociologie fraîchement diplômée, irlandaise par sa mère, alsacienne par son père, Anh, artiste peintre et retoucheur d’images aux racines mi-charentaises mi-vietnamiennes, Maria, l’amie octogénaire franco-portugaise du vingt-deuxième étage chez laquelle Keziah allait prendre le petit-déjeuner tous les vendredis matin, Manil et Mili, réfugiés soudanais ex-étudiants en droit, Samia, jeune maman d’origine marocaine au chômage avec sa fille Leyla, quatre ans, Aimé, jardinier antillais à la retraite accompagné de Gaïa, sa paisible chienne Pitbull, Silas, animateur du centre de loisirs moitié kabyle moitié breton, taillé comme un bucheron et doux comme un agneau, Typhaine, picarde blonde aux allures masculines, championne de natation et meilleure amie de Louise, et enfin Bella, originaire du Sénégal, portant bien son prénom et cuisinière exceptionnelle. Cette dernière était capable de préparer n’importe quel plat des cinq continents, et elle adorait aider Keziah à concocter feuilles de vigne, houmous, taboulé et autres quantités de délices salées ou sucrées lorsque celui-ci organisait une fête… Tout ce petit monde avait honoré dans la joie et la bonne humeur le délicieux festin fait maison, en sirotant l’arak et en discutant avec ses voisins de table. Pour finir, les gens avaient fumé le narguilé en devisant avec fatalisme et distanciation sur le sombre avenir du monde tout en écoutant la musique chargée de liberté de Rabih Abou-Kalil. Anh avait adoré l’ambiance de fin de soirée, le calme des personnes présentes, les vieux parlant avec les jeunes, l’absence de langue de bois dans les discussions et la gravité des sujet abordés… une ambiance si différente de celle des fêtes auxquelles il était habitué et qui se terminaient invariablement par le spectacle pitoyable des gens ivres. Bella, entre deux bouffée de chicha, lui avait confié que les soirées chez Keziah tournaient toujours ainsi, comme une sorte de groupe de parole spontané où chacun pouvait s’exprimer librement et être écouté. D’après elle, c’était même bien davantage pour ce climat respectueux que pour les bons plats ou le narguilé que les gens aimaient se réunir chez le jeune homme. 

Tout au long de la soirée, Anh avait observé Keziah avec les yeux du désir. Avec son maintien noble, son regard superbe accentué de noir, sa chevelure lâchée et ses habits de lumière, un saroual blanc et une chemise jaune pâle brodée ouverte sur sa poitrine, il l’avait trouvé troublant comme une idole hermaphrodite de légende assyrienne. Louise avait raison, ainsi mis à son avantage, il avait l’air tout droit sorti d’une autre époque, soit d’un lointain passé soit d’un lointain futur… Il était resté focalisé la moitié du temps sur le fragment bombé de son torse que dévoilait l’échancrure de son col, en essayant d’imaginer la texture exacte de sa peau, son parfum et sa chaleur Quand il était retourné à Ivry, au petit matin, le désir l’avait encombré sans répit ni faiblesse tout le long du trajet. Arrivé à destination, il n’avait même pas pris le temps de monter à l’atelier. Il s’était enfermé précipitamment dans la salle de douche du rez-de-chaussée etsans même se dévêtir, avait entrepris de se libérer enfin, assis sur le fauteuil en rotin près du lavabo. Il n’avait eu qu’à fermer les yeux et à l’imaginer nu dans ses bras pour prendre un plaisir aussi puissant que bref. L’étonnant regain de vitalité que lui insufflait son désir pour ce garçon le faisait doucement renouer avec le goût du bonheur. Être amoureux, décidément, rendait tout plus intense.

Anh se refit  en souriant la totalité de l’album photos qu’il avait conservé dans son mobile. Keziah y était terriblement photogénique… Il ne se lassait pas de repenser au sensuel au-revoir qu’il lui avait réservé, au moment de se séparer: un « À très vite » prononcé de sa voix la plus chaude, accompagné d’une bise légère, d’un regard crépitant et d’une caresse sur le visage. Il la sentait encore sa main qui avait glissé de sa tempe à son cou… Louise, à qui le geste tendre n’avait pas échappé, lui avait lancé un clin d’œil complice pour mieux achever de le faire rougir.

Un sonore « Anh! Mais qu’est-ce que tu fais là, beau gosse? » vint le sortir de sa douce rêverie. Keziah, pimpant et souriant, vint à lui et l’embrassa sur les deux joues.

— Mais, tu es glacé, trésor!

— Mm, ce que tu sens bon.

— Tu trouves? Moi, je ne sens plus rien à force de baigner dans les vapeurs d’huiles de massage toute la sainte journée. Je suis tellement content que tu sois là! Tu as un peu de temps? Tu as l’air frigorifié. On va se poser dans un café?

— Non…

— Non?

— Enfin si, je gèle grave, et oui, j’ai tout mon temps ce soir, mais j‘en ai marre des cafés… Si je suis là, c’est pour te ramener chez moi de gré ou de force. 

— De gré ou de force? Voyez-vous ça, fit Keziah en se rapprochant de lui pour que leurs corps emmitouflés entrent en contact.

— Je plaisante. Je me disais, comme ça, que ça serait cool qu’on passe la soirée ensemble à l’atelier. On commanderait indien et… Oui, je ne t’ai pas dit, mais il y a un resto indien hyper bon à deux pas de chez moi… Et… Enfin, voilà, c’est si tu peux… Si tu veux… Si tu es dispo. Depuis le temps qu’on se dit que…

Keziah considéra ses beaux yeux en amande, et joua avec les franges de son écharpe, soudain tenaillé par l’envie de l’embrasser. Il se retint de peu.

— Je te suis.

— Tu peux venir, c’est vrai? Yes! fit Anh, le visage soudain éclairé comme celui d’un enfant heureux. Mais, pour Mili et Manil, il ne vont pas s’inquiéter? Tu veux les prévenir? fit-il en lui tendant déjà son téléphone.

— Ils sont à Paris pour quelques jours. Si j’ai bien compris, ils vont monter une pièce plus ou moins autobiographique avec une troupe de théâtre qui a été créée par d’autres réfugiés. Je pense que cette expérience pourrait leur faire énormément de bien. Puis, au cas où ils voudraient rentrer, ils ont le double de mes clés. Bref, je suis libre comme l’air. 

— Alors, cap sur Ivry! 

— Cap sur Ivry!

Keziah #6 – L’atelier

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8 réflexions sur “Keziah #5 – Un autre monde

  1. Quels chanceux nous sommes!! J’adore quand tu nous fais attendre et quand , lentement , tu fais monter le désir chez tes personnages , en même temps que celui de te lire……malicieuse et talentueuse auteure! 💕

    Aimé par 1 personne

  2. Coucou Alix 🙂

    Une fois de plus je suis happée par tes mots avec des personnages empreint d’une richesse intérieure et des lieux extrêmement familier pour moi la parisienne de longue date.

    Merci pour ce bon moment de lecture à bientôt 🙂

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  3. Je suis totalement d’accord avec elladeloze, et avec ce que tu écris sur le développement de la relation, quand tout est encore à construire. Ce sont les moments que je préfère lire, j’aime que les personnages prennent le temps de se découvrir.
    On ressent bien cette attente d’Anh et sa fascination pour Keziah, le solaire, le mystérieux, qui se dévoile un peu plus à chaque chapitre.

    Merci !

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  4. Une belle suite du début de semaine, tout en patience et subtilité avec les plannings réciproques de Keizah et Anh qui prolongent l’attente.

    Par son tempérament égal et altruiste, Keizah démontre qu’il est possible de cultiver une bulle de sérénité, de calme et d’ouverture dans un environnement pourtant défavorable, très bruyant, pollué et plein de courants négatifs. Ce genre de climat conflictuel présent dans les quartiers populaires délaissés par les politiques, où seul l’apparence extérieure de caïd invulnérable a le droit de cité. La plupart des personnes hyper-sensibles comme Keiza auraient plutôt tendance à verrouiller solidement leur karma pour le rendre imperméable aux parasites extérieurs, et serrer les dents dans leur coin en attendant de pouvoir déménager.

    Et pourtant, dans ce quartier où précarité et misère s’entretiennent mutuellement, Keizah est parvenu à se glisser doucement dans le quotidien des gens. Car il parvient à les considérer dans leur totalité, sans jugements, et pas seulement à l’apparence qu’ils veulent bien renvoyer au quotidien. Tout le monde peut être sensible à la bonté et aux mains tendues inconditionnelement, même la plus impitoyable des armoires à glace. Keizah a donc gagné le respect des habitants de la tour, grâce au contrepoids positif qu’il apporte aux difficultés quotidiennes. Il faut bien sûr maintenir les apparences intactes, mais son utilité est cependant reconnue. 🙂

    Je te souhaite une excellente semaine ! 🙂

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    • Merci pour ton passage John! c’est toujours un plaisir de lire tes coms 🙂
      Il ne faut pas oublier (mais c’est à peine évoqué et j’y reviendrai par sa bouche) que Keziah a vécu dans ce quartier les 11 premières années de sa vie. Quand il est revenu y vivre à 20 ans, il n’était ni un étranger ni un inconnu. Il a, j’imagine, retrouvé d’anciens camarades de classes et voisins. De plus, détail non négligeable, être aimé des enfants d’un quartier entraîne fatalement d’être protéger des familles de ceux-ci, grands frères un peu « caillera » sur les bords y compris. En un mot, avoir une bonne popularité auprès des petits tisse des lien positif avec les ‘grands’ car les enfants c’est ‘sacrés’. Mais bon, rien ne dit, à ce stade, que notre beau héros féminin n’a pas rencontré des difficultés avec certains individus avant de parvenir à ce climat amical autour de lui. Personne, pas même un saint, ne saurait se constituer un réseau bienveillant comme le sien sans y mettre beaucoup de patience et, comme tu le dis bien, de main tendue.

      Bonne semaine à toi également 🙂

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