Keziah #10 – Diva

diva

La cuisine était loin d’être le lieu de prédilection d’Isabelle Vallière. Qu’elle s’y attardât plus de cinq minutes alors qu’elle recevait n’était pas normal. Anh, animé d’un mauvais pressentiment, s’empara d’un saladier – règle de la maison, il ne fallait jamais quitter la table les mains vides – et partit aux nouvelles, laissant Keziah discuter avec son père et ses jeunes sœurs admirer le bel invité. Il trouva sa mère en train de fumer, accoudée à la fenêtre ouverte sur le jardin enneigé rosi par la fin du jour.

— Ça va, mam’?

Elle se retourna vivement, surprise que l’objet de ses pensées se matérialisât justement sous son nez. La cigarette aux lèvres, elle vint lui prendre le récipient et alla le poser sur le plan de travail encombré.

— Je pouvais le faire moi-même, remarqua Anh, les mains en suspens sur la soudaine absence de l’objet.

Isabelle se mit en quête d’un cendrier, n’en trouva pas, retourna donc à la fenêtre, et, comportement là aussi parfaitement inhabituel, fit tomber sa cendre sur le buis gelé.

— Qu’est-ce qu’il y a? Tu fais la tête?

— Je peux être tranquille cinq minutes, oui? fit-elle avec irritation.

Anh sentit sa gorge se nouer. L’unique fois où elle lui avait tourné le dos de la sorte, c’est lorsqu’il lui avait dit qu’il aimait les garçons. Ça l’avait prise de court, elle n’avait pas su comment réagir. Aujourd’hui, il voyait déjà s’amonceler au-dessus de son couple les sombres nuages que cette attitude fermée présageait.

— Il ne te revient pas, c’est ça?

Depuis leur arrivée, pourtant, elle s’était montrée à son écoute et même chaleureuse à son égard. Elle lui avait fait faire le tour du propriétaire, lui avait posé quelques questions sur son métier de masseur et sur ses parents… Cet accueil n’avait-il donc été que convenances? Elle en était bien capable. Elle savait se montrer experte lorsqu’elle jugeait avisé de conserver les apparences, c’est-à-dire quasiment tout le temps. Anh ne la perçut plus soudain que comme une vile hypocrite. À peine eut-elle terminé sa cigarette qu’il referma la fenêtre sans lui demander son avis.

— Vas-y. Dis ce que tu as sur le cœur.

— Retournons au salon. Ils vont se demander ce qu’on fabrique.

— Papa parle du Liban avec lui, et les filles sont hypnotisées, ne t’inquiète pas. Qu’est-ce qu’il y a, maman?

Acculée par l’insistance de son fils, elle remit l’une de ses mèches grises derrière l’oreille comme elle faisait toujours lorsqu’elle était stressée, puis le considéra, grave et concentrée. Elle tenait à formuler les choses de la manière la moins blessante possible, mais vu la teneur de ce qu’elle ressentait, cela n’allait pas être facile.

— Keziah n’est pas assez bon chic bon genre pour toi, c’est ça? s’impatienta Anh.

Elle soupira, croisa les bras et tourna son attention dehors. Il la dévisagea comme jamais il ne l’avait fait auparavant, comme s’il la voyait pour la première fois. Quelles prisons mentales dissimulaient ses beaux yeux bridés toujours pétillant d’activité? Quels faux problèmes s’entrechoquaient sous ce front pâle encore lisse comme celui d’une jeune femme? Quels mots assassins allaient sortir de cette jolie bouche vermillon qui l’avait bercé de paroles tendres toute l’enfance? Et pourquoi diable, malgré leurs vingt-cinq centimètres de différence, se sentait-il toujours en position d’infériorité face à elle?

— Qu’est-ce que tu lui reproches? Vas-y. Il est trop poli? Trop gentil? Son regard est trop pur? Son sourire trop lumineux? Explique-moi.

— Arrête un peu ton cinéma, répliqua-t-elle sèchement. Tu aurais pu nous prévenir qu’il était comme ça.

— Comment ça « comme ça »? Précise ta pensée.

Elle soupira derechef. Anh l’avait parfaitement comprise, mais n’allait pas lui faciliter la tâche. Il ne la lâcherait pas tant qu’elle n’aurait pas explicité ce « ça » fatidique. Elle allait être obligée de trouver les mots et tenter de lui faire comprendre pourquoi elle désapprouvait sa liaison avec cette espèce de dandy oriental à moitié travesti. Ce jeune homme représentait un tel mépris de la norme! Il fallait voir avec quel aplomb il étalait sa négation des codes vestimentaires et assumait la confusion des genres. Sous son influence, son fils risquait de devenir efféminé, décalé, voire même inadapté. C’était déjà bien suffisant qu’il fût artiste et homosexuel. Et elle avait déjà eu assez de mal comme ça à s’y faire. Certes, ce Keziah était bien élevé. Il était avenant et, indéniablement, possédait des qualités, mais cette allure… Pour qui se prenait-il? Pour une divinité perse? Pour une star hollywoodienne? Où se croyait-il? Ses manières de grande dame était tellement choquantes. Quelle décadence… C’était tout simplement intolérable.

— Admets qu’il est spécial.

— Ça, oui! Je sais. C’est pour ça que je l’aime, figure-toi. Ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre un mec comme lui, sensible, doué, altruiste et magnifique.

— Si tu apprécies ce genre de garçon, pourquoi ne pas te mettre carrément avec une fille?

Ahuri par la stupidité de la réflexion, choqué qu’elle fût prononcée pas sa mère, il sentit son sang se figer. En quelques mots elle venait de réduire la personnalité flamboyante de Keziah à une pauvre question de genre. Une marée noire de colère et de déception noya son cœur.

— Je m’attendais plus ou moins à ce que du haut de ses treize ans Diem me sorte une connerie dans ce style, fit-il d’une voix blanche, mais que ce soit toi qui me dises ça, mam’, alors là…

— Écoute, chéri…

— Tu ne le connais même pas! Laisse-lui une chance, au moins, avant de le rejeter! Et elle est passée où ta belle tolérance, hein? Elle est où ton ouverture d’esprit? Tu sais, celle que tu nous as inculquée avec papa?

Isabelle observa son fils qui se tenait là, devant elle, mains ouvertes, vibrant d’indignation. Il était encore si naïf… Elle hésita entre tempérer son propos et défendre son point de vue, puis commit l’erreur d’opter pour cette seconde option.

— Ma tolérance a ses limites, Anh. Enfin, tu as vu son accoutrement? Une coiffure de fille, du vernis à ongles, un décolleté comme ça – Elle indiqua le niveau d’indécence du décolleté en question d’une main à l’horizontale sur sa propre poitrine –… Je… Je ne dis pas qu’il ne possède pas un certain charme, mais là c’est trop pour moi. Il me met mal à l’aise. On n’est pas à la Gay Pride, ici.

Le garçon serra les mâchoires en toisant sa mère d’un air glacial. Le dialogue était clos. Il était hors de question de faire de l’apparence de Keziah un sujet de discussion.

— Ne me regarde pas comme ça. Mets-toi à ma place cinq minutes, poursuivit Isabelle. Je sais que tu ne veux pas l’entendre, mais tu fais n’importe quoi en ce moment. Tu avais un excellent job en CDI, dans un groupe solide, et qu’est-ce que tu fais? Tu démissionnes! Quelle riche idée! Bravo! s’exclama-t-elle en applaudissant trois fois.

— On en a déjà parlé. J’ai négocié mon départ.

— Tu te sépares d’un garçon sérieux et sain, enchaîna-t-elle.

— C’est lui qui m’a plaqué, je te rappelle.

— Oui, bon… Pour te mettre avec ce… cet… cette diva, là… Tu envisages sérieusement l’avenir avec ce genre de marginal? Par-dessus le marché, tu n’as plus de logement… Qu’est-ce qui t’arrive, chéri? J’ai l’impression que tu t’acharnes à gâcher toutes tes chances d’être heureux. Je n’en dors plus moi.

Anh choisit de contenir sa rage bouillonnante. Il valait mieux. Inutile de poursuivre ce dialogue de sourds. Être heureux, pour elle, signifiait être parfaitement intégré à cette société abjecte, passer inaperçu, raser les murs et ne surtout jamais poser un pied en dehors des clous. Il la fusilla du regard et quitta la pièce, un mal de tête soudain palpitant aux tempes. Isabelle ne chercha pas à le retenir. Elle soupira une troisième fois et sortit le service à dessert.

Lorsque Anh revint au salon, Keziah Chahine et Philippe Vallière conversaient sur les dernières méthodes pédagogiques à la mode pendant que Linh et Diem se tenaient toujours sagement à table, telles des spectatrices énamourées. Ne voulant pas perturber cette ambiance paisible, Anh dissimula son agitation intérieure derrière un calme artificiel. Cependant, jusqu’au moment de partir, il refusa de croiser le regard de sa mère. Isabelle ne manqua pas de le remarquer et n’en ressentit que davantage d’animosité envers l’intrus, animosité, cependant, que son souci bourgeois de ne pas endosser le mauvais rôle obligea à dissimuler derrière amabilité et charmants sourires.

Las de perdre son temps dans les transports en commun entre Ivry, Nanterre, Paris et Antony, et libéré de l’enfer des heures de pointe depuis sa rupture de contrat, Anh avait fait l’acquisition d’une petite citadine d’occasion grâce aux loyers économisés ces derniers mois, et il s’en félicitait chaque jour. Lorsqu’il mit le moteur en marche, il ressentit un drôle de mélange de soulagement et de mélancolie. Jamais encore il n’avait quitté la propriété de ses parents avec ce sentiment d’amertume. Il avait hâte de se retrouver dans l’appartement chaleureux de Keziah, et le besoin de s’éloigner physiquement de sa mère comme d’une zone radioactive le tenaillait. Sans doute ne mesurait-elle pas l’ampleur du mal qu’elle venait de lui faire. Lui, en l’occurrence, ne supportait plus qu’elle doute de son discernement et rabaisse ses décisions. Et il ne tolérait pas qu’elle touche à un cheveu de Keziah, fût-ce en paroles.

Début mars voyait la durée des jours s’allonger. On était dimanche, en fin d’après-midi. Les derniers rougeoiements du coucher se teintaient de violet. Au carrefour de l’avenue Léon Blum et de la rue Augusta, un premier feu rouge les stoppa. La fine couche de neige qui brillait sur les toits et les trottoirs rendait le désert dominical des rues arborées de ce quartier résidentiel d’Antony plus mortel encore qu’à l’accoutumée. Keziah revivait son après-midi en famille avec un sourire intérieur, tandis qu’Anh ruminait sa rancœur contre sa mère en se débattant contre une tristesse envahissante.

— C’est pas vrai! Ça ne passe jamais au vert, dans ce bled! s’énerva-t-il soudain.

Keziah en sursauta. Que signifiait donc cet éclat d’exaspération?

— Non mais c’est vrai, quoi, se radoucit Anh. Ça soûle d’attendre comme ça, comme un con, à un croisement désert.

— On n’est pas à la minute, en même temps, le tempéra Keziah. Tu es sûr que ça va?

— Excuse-moi… Oui… Je… J’ai juste un peu mal au crâne.

— Tu veux que je prenne le volant?

— Non, non. Ça va me relaxer de conduire.

Keziah n’insista pas. Il se mit à lui caresser les cheveux au niveau de la nuque, et Anh se détendit un peu, yeux fermés.

— C’est vert.

Les pieds dans la déprime, la tête encombrée d’orages, le garçon se concentra sur la route en se répétant les paroles rageuses qu’il aurait pu asséner à sa mère. Il n’arrivait pas à penser à autre chose. Est-ce que lui lui reprochait de passer sa vie dans la paperasse, assise toute la journée dans son sinistre cabinet notarial? Est-ce qu’il la dénigrait ou la jugeait? C’était tellement facile de blesser l’autre, tellement plus facile que de s’ouvrir à la découverte ou de chercher à comprendre la nouveauté.

— Tu vas peindre, demain?

— Oui, de dix à vingt-deux heures, au minimum. J’en ai besoin.

— Wow, tu vas terminer tes trois toiles en cours à ce train-là. Pense à faire une pause déj’ quand même.

— Avec toi?

— J’aimerais bien, chéri, mais tu sais que c’est chaud pour moi le lundi.

— Je sais, oui, tu t’occupes de ton Nathan, fit Anh d’un ton morose. Si Ernesto est là, on se fera un petit resto, j’imagine. Ne t’inquiète pas, je ne me laisserai pas mourir d’inanition.

Keziah le considéra avec amour. Anh était un ange ombrageux, un charmant volcan à l’intense activité. Ce soir, à en croire ses mâchoires contractées et l’électricité dans ses prunelles, il avait l’air au bord d’une éruption de grande ampleur… Qu’avait-il bien pu se passer, cet après-midi, pour le mettre de si sombre humeur? Il admira son profil harmonieux que l’éclairage orange des réverbères caressait au rythme régulier de leur succession, s’attarda sur son oreille délicate, sur sa bouche… Puis il convoita la peau satinée de ses mains crispées sur le volant, ses mains habiles aux lignes si merveilleusement masculines, des mains de peintre, des mains d’amant… Il ne lui avait jamais semblé plus beau que ce soir.

— J’ai bien accroché avec ton père.

— J’ai vu ça, fit Anh en s’élançant sur l’A86.

— C’est marrant, je l’aurais bien vu directeur de théâtre plutôt que proviseur de lycée. Il a une grande culture et de l’éloquence. Et j’aime bien son petit côté théâtral, justement.

— Ça laisse des traces d’avoir été prof pendant quinze ans.

— Ça m’a fait plaisir de voir que lui aussi t’encourage à persévérer dans la peinture.

— Oui… Contrairement à ma mère, il a foi en moi, lui…

— Et ce que tes sœurs te ressemblent! Quelles beautés toutes les deux!

— Tu ne leur as pas dit j’espère, s’enquit Anh en lui jetant un coup d’œil inquiet.

— Quoi donc? Qu’elles te ressemblent ou qu’elles sont jolies?

— Qu’elles sont jolies.

— Non, ne t’inquiète pas. J’ai bien compris qu’elles le savent déjà. Et je connais le narcissisme des adolescentes. Il ne vaut mieux pas en rajouter. Avec les gamines de cet âge j’évite toujours les remarques sur le physique.

— À moi non plus tu ne m’as jamais vraiment dit que j’étais beau, remarqua Anh, taquin.

— Oh, mon cœur, mon regard sur toi et mes caresses te l’ont dit mieux que des mots, j’espère.

Anh sourit et lui lança un coup d’œil complice.

— Mais, si tu as besoin d’entendre des louanges sur ton visage, tes abdos ou ton adorable petit cul, je peux m’y mettre. Je ne manquerai pas d’inspiration!

— Non, les caresses, c’est parfait. Ne change rien.

— Tu as une jolie famille, en tout cas.

— Mouais… Tu n’as vu que la partie émergée de l’iceberg. Ma mère a fait sa bourgeoise, et mes sœurs non plus n’étaient pas elles-mêmes. Ta présence les a complètement métamorphosées. Elles sont insupportables d’habitude, insolentes, hyper bavardes, tout le temps en train de se chamailler, de véritables poisons… Je t’assure, je ne les avais jamais vues comme ça.

— J’ai souvent cet effet sur les jeunes filles.

— Ah bon?

— Mm… L’androgynie semble captiver les adolescentes. Pourquoi crois-tu que Linh ne jure que par les boys band sud-coréens?

— Ah, ne me parle pas de K-pop! Quelle scie! Mais… Comment tu sais ça, au fait? s’étonna Anh. Elle t’en a parlé?

— Mieux que ça. Ta sœur m’a fait voir sa chambre, juste avant l’apéro, pendant que tu montrais la voiture à tes parents. J’ai pu admirer les murs tapissés de posters des membres de BTS.

— Ah, je vois… Tu as donc eu un aperçu de l’ampleur du fanatisme.

— Bah, c’est de son âge. Ça lui passera. Moi à quinze ans, j’étais bien fou de Britney Spears. Je m’entraînais à me maquiller comme elle en cachette.

— Hé hé, sérieux? Moi je fantasmais grave sur Justin Timberlake! J’essayais de danser comme lui.

À deviser ainsi durant leur demi-heure de trajet, la sérénité naturelle de Keziah recouvrit peu à peu comme d’un baume la déprime d’Anh. Même si elle risquait de lui faire mal un temps, l’écorchure provoquée par le jugement maternel cessa au moins de saigner. Bien sûr, il avait attendu autre chose de cette première rencontre entre son nouvel amour et sa famille, mais, après tout, pourquoi donnait-il autant d’importance à ce que pensait sa mère? Pourquoi se laissait-il toucher par ses inquiétudes délirantes? Elle n’avait pas confiance en lui ? C’était son problème à elle. Elle considérait Keziah comme une bête de foire? C’était bien dommage pour elle, elle ne savait pas ce qu’elle ratait. Peut-être, aujourd’hui, sans le vouloir, l’avait-elle aidé à couper le cordon une bonne fois pour toutes. À son âge, il n’avait plus aucun compte à lui rendre. Il faudrait qu’elle s’y fasse. Si leur relation devenait plus distante, non seulement ce serait entièrement de sa faute à elle, mais en plus, c’est elle qui en souffrirait le plus.

Une fois arrivés à l’appartement, Anh prit un comprimé de paracétamol et une douche brûlante, et Keziah, lui, troqua son pull « très décolleté » et son pantalon contre une djellaba. Il mit à chauffer des cristaux d’encens dans un peu d’eau, à l’aide d’une bougie, et s’interrogea de nouveau sur l’humeur d’Anh. Il avait senti comme un froid entre lui et sa mère… Il y avait fort à parier que c’était là que se situait l’origine du mal. Le pouvoir de nuisance des mères était si puissant, aussi puissant que les bienfaits de leur amour. Ainsi en allait-il de la vie… Quand Anh réapparut en peignoir de bain, Keziah réfléchissait toujours, à demi allongé sur le canapé, au milieu de ses coussins brodés. Il l’y rejoignit et lui déposa un baiser sur la pommette.

— Qu’est-ce qui sent bon comme ça?

— C’est la résine d’oliban que Manil m’a offerte pour me remercier de mon hospitalité.

— J’adore ce parfum.

— Il m’a dit que c’est l’une des meilleures du monde, qu’elle provient d’Érythrée, et qu’elle était déjà réputée il y a trois mille ans auprès de tous les rois d’Afrique et d’Orient comme étant l’encens le plus raffiné qui soit. Figure-toi qu’elle posséderait des vertus apaisantes et mêmes certains pouvoirs.

— Lesquels, par exemple?

— Eh bien, entre autres, elle aiderait à régler les conflits intérieurs et à redonner confiance en soi.

Anh se fit songeur. Voilà exactement ce dont il aurait eu besoin à l’heure actuelle: davantage de confiance en lui… Il regretta d’être de nature plus sceptique que superstitieuse.

— Si seulement ça pouvait être vrai.

— Ça a l’air d’aller mieux ta tête.

— Oui, mais je crois que je suis en train d’attraper un torticolis…

— Ça ne m’étonne pas, tu es crispé comme tout. Je peux te faire un massage pour dénouer tout ça.

— Je ne vais pas te faire bosser un dimanche soir.

— Comme si te toucher c’était du travail. N’importe quoi !

— J’aime trop quand tu es aux petits soins pour moi, fit Anh en lui caressant le visage.

— J’y trouve mon compte, mon cœur.

Ils s’embrassèrent, jusqu’à ce que les prémices d’un doux laisser-aller viennent leur chauffer le sang.

— Viens, fit Keziah en se levant.

Anh saisit la main qu’il lui tendait et marcha dans son sillage jusqu’à la chambre. Ils tamisèrent la lumière et s’installèrent sur le lit. Anh s’allongea nu sur le ventre. Keziah s’attacha les cheveux, ne garda sur lui que son boxer, et s’agenouilla solennellement à côté de lui, un flacon d’huile essentielle à sa portée. Il entreprit, dans un premier temps, d’apaiser les tensions de son chéri au niveau des cervicales et des trapèzes, et ce, de manière très professionnelle. Ce n’est qu’ensuite qu’il se fit plus sensuel. Il lui pétrit les épaules, s’attarda sur son dos, zone par zone, passant et repassant brièvement sur ses fesses – il allait y revenir –, puis il se concentra sur ses jambes, jusqu’à la plante des pieds, à droite et à gauche, cuisses, mollets, chevilles… Anh, béat, sentait ses nerfs se gorger de bien-être. Keziah possédait un don: le don de l’inouïe caresse. Ses mains à la fois puissantes et douces étaient expertes pour soulager, pour détendre et pour faire jouir. Elles dégageaient une chaleur bienfaisante chargée d’énergie. Elles n’étaient ni trop insistantes ni trop légères. À l’instant où elles entraient au contact de sa peau, Anh en captait le magnétisme. Quand vint le moment où celles-ci ne s’occupèrent plus que de ce qui se situait entre ses reins et ses cuisses, Anh se mit à respirer plus fort. Les merveilleux attouchements l’ouvraient au plaisir. Plus il les désirait pénétrants, plus il se cambrait. Plus Keziah répondait à ses attentes, plus il bandait. Des vagues de frissons paradisiaques lui couraient le long de la colonne vertébrale et se diffusaient dans tout son être, le plaisir semblait venir de partout à la fois, une sensation de flottement le soulevait… Keziah, en osmose avec lui, prenait en compte le moindre de ses frémissements. Il usait de ses connaissances du massage tantrique pour plonger son amoureux dans un bain de confiance et un intense état d’épanouissement sexuel. Anh s’en remettait à lui de toute son âme. Si ses goûts sexuels, dont celui de posséder l’autre, n’avaient pas changé, ils s’étaient en revanche enrichis d’un bouquet de nouveaux délices grâce à la dextérité de Keziah.

Le moment électrique arriva où Anh dut céder à l’impérieuse nécessité d’agir. Jusqu’à maintenant, la séance avait tourné ainsi à chaque fois. Le garçon épuisé de désir se retournait pour l’étreindre, et pour l’embrasser, et pour le prendre. Ainsi, Keziah n’était-il pas encore parvenu à lui faire connaître l’extase passive. Anh ressentait toujours le besoin impérieux de se mêler à lui avant que celle-ci ne survienne. Évidemment, Keziah ne s’en plaignait pas, bien au contraire, car, à chaque fois, sa dévotion tactile se voyait récompensée par la ferveur de son partenaire. Les élans passionnés de ce dernier provoquaient en lui une volupté et une joie jamais ressenties auparavant.

Ils s’en allèrent loin ensemble, dans un bonheur réciproque égal. L’un comme l’autre furent traversés de si belles sensations que, lorsque tout fut terminé, il leur fallut plusieurs minutes pour s’en remettre. Alors qu’ils reprenaient leur souffle en se laissant aller à la tentation du repos, Keziah prit conscience de la vulnérabilité de son amoureux. Celui-ci ignorait purement et simplement la qualité de ce qu’il était capable d’offrir. Si un jour Anh acceptait d’admettre sa générosité et prenait la mesure de ses capacités, que ce fût dans la vie de tous les jours, dans le sexe ou dans l’art, il s’épanouirait sans aucun doute comme peu d’êtres humains y parviennent.

— C’est un pur voyage de baiser avec toi, soupira Anh.

— Oui… On touche à la Lumière Divine ensemble.

Par gourmandise, Keziah lui reprit la bouche. Un long baiser n’était-il pas le plus doux moyen d’amortir le retour à une nuit d’hiver précédant un lundi?

— Je t’aime, murmura Anh.

Keziah, tout en lui répondant d’un regard sublime et profond, vit une sorte de dégrisement traverser ses traits. C’était des changements infimes dans son visage, une lumière qui s’atténue au fond des iris, le sourire de la satisfaction qui s’éloigne… Hélas, l’état de grâce jamais ne durait, et les préoccupations revenaient déjà assaillir son chéri.

— Ça va?

— Tu viens de m’emmener faire un tour au paradis, bien sûr que ça va.

Keziah le fixa, inquisiteur et tendre.

— Quoi ?

— Pourquoi tu ne me racontes pas ce qui s’est passé avec ta mère, cet après-midi ?

— Je n’ai pas envie d’en parler… C’est sans importance…

Mais le jeune homme, le regard en dedans, se perdit loin en lui-même. Keziah n’eut qu’à patienter.

— Elle m’a pris la tête, c’est tout. Elle désapprouve ce que je suis, ce que je fais. Elle m’a reproché d’avoir lâché mon taf, de m’être séparé de mon ex, de sortir avec toi, etc. En trois phrases elle m’a flingué.

— J’ai senti qu’elle ne m’appréciait pas beaucoup.

— Je ne lui pardonnerai jamais ce qu’elle a osé dire sur toi, murmura Anh en sentant des larmes lui monter aux yeux.

— C’est une femme qui a de la classe. Je ne l’imagine pas dire des horreurs pourtant.

— Ce n’est pas tant les mots. C’est son regard et le ton qu’elle a pris. Elle t’a traité de diva.

À la grande stupéfaction d’Anh, le jeune homme se mit à sourire jusqu’aux oreilles.

— De diva? Hé hé, avec mes jolies fringues de fille et ma grande gueule, elle a plutôt raison, non? Heureusement que j’étais à peine maquillé… Une diva… Je ne suis pas Raja pourtant…

— C’est qui Raja?

Une drag queen américaine dont je suis folle. Fou… My favorite queen! The best! s’exclama Keziah avec des étoiles dans les yeux. J’ai eu la chance de voir l’un de ses shows pendant mon voyage en Californie. C’était fa-bu-leux. Je suis tombé amoureux… Tiens, maintenant que j’y songe, Sutan Amrull te ressemble pas mal. D’ailleurs, il a des origines asiatiques…

— Qui c’est ça, encore, Sutan Amrull? fit Anh qui ne comprenait plus rien.

— C’est le performeur qui incarne Raja. Il est maquilleur pro à la base. Un beau brin de mec… Il a un sourire! Han, et des jambes! Tu verrais ça! Les plus belles que j’ai vues de ma vie! poursuivit Keziah rêveur. Il doit bien avoir la quarantaine maintenant…

— Tu t’en fous de ce que je te raconte ou quoi?

— Oh, excuse-moi! Je digressais, c’est tout. Je t’écoute.

— Elle t’a aussi accusé d’être un marginal et de te croire à la Gay Pride, poursuivi Anh.

— C’est tout? C’est ça qui te met en colère contre elle? Mais, chéri, je suis marginal ! Je suis queer, gay et fier jusqu’au bout des ongles… Impossible de lui donner tort! Je suis la Gay Pride incarnée! Tu t’en étais rendu compte, tout de même ? Ce n’était sûrement pas son but, mais moi, je prends ces mots-là comme un compliment. Voyons, ne fais pas cette tête. Allez, un petit sourire… Allez. S’il te plaît… Un tout petit…

Anh ne put s’empêcher de se dérider devant sa bonne humeur. Il fallait voir son air à la fois implorant et malicieux.

— Pour ma présence dans ta vie comme pour le reste, laisse à ta mère le temps de s’habituer, reprit Keziah avec plus de sérieux. Elle est seulement inquiète pour toi, comme le sont toutes les mamans dignes de ce nom. En découvrant mon ambiguïté, elle a eu un petit choc. C’est normal. Le temps fera les choses. On est bien ensemble et c’est tout ce qui compte.

— J’imagine que tu as raison, soupira le jeune homme en passant les doigts dans ses longs cheveux. Comment est-ce que tu fais pour avoir ce recul sur les choses ? Tu as toujours le moral. Rien ne semble t’atteindre. Donne-moi ton secret.

— Je n’ai pas de secret. Il faut toujours dédramatiser ce qui n’est pas un drame. La mort de mon frère m’a obligé à aborder la vie autrement. Je profite du présent en me disant que lui n’a pas cette chance.

— Tu penses à lui tout le temps, en fait.

— Ce n’est pas toujours conscient… Je crois qu’une partie de son âme est restée avec moi. C’est comme un murmure continuel, comme le bruit d’un ruisseau. Son souvenir m’incite à remarquer la valeur de chaque minute… C’est à cause de lui que je suis ce grand fou que tu aimes, conclut-il.

— Tu n’es pas fou, au contraire. Pour moi, tu es quelqu’un qui a trouvé l’épanouissement spirituel et physique. Ce sont les autres qui sont fous de ne pas voir les choses comme toi, moi le premier. J’aimerais te ressembler, être aussi clair dans ma tête, et aussi bien dans mes baskets.

— Tu sais, j’aurais préféré ne pas accéder à cette sorte de sagesse et que Joseph soit toujours en vie…

— Je me doute. N’empêche, ça me désole que ma mère ait refusé de voir quelle personne extraordinaire tu es.

— Arrête, tu me fais rougir! C’est simplement que je ne cadre pas avec sa vision du monde. Les gens « bizarres » comme moi perturbent les gens « normaux » comme elle. Eux, il n’y a que les standards et les règles légales qui les rassurent. C’est comme ça. C’est aussi une éducation. Ma façon d’être violente ses habitudes et brouille ses repères. Si elle se donnait la peine de me connaître, elle verrait que ma différence me donne un charme exceptionnel, plaisanta-t-il avec un mouvement d’épaule plein de coquetterie. Un jour, tu verras, je trouverai l’occasion de faire un cours à ta maman sur la bispiritualité. Et si elle a trop peur de moi, on demandera à Louise de s’en occuper.

— La bispiritualité? C’est quoi ça encore?

— C’est comme la non-binarité. Tu as déjà dû entendre parler des « Êtres-aux-deux-Esprits », chez les Indiens d’Amérique.

— Heu non… Je m’en souviendrais.

Je suis un « Êtres-aux-deux-Esprits » homme-femme, fit Keziah en se touchant la poitrine au niveau du cœur d’un geste fier et délicat.

— Explique. Ça m’intéresse.

— Aujourd’hui, malheureusement, leurs traditions et valeurs ont pris du plomb dans l’aile, mais, à la base, chez les peuples amérindiens, il n’y avait pas uniquement deux genres, les hommes d’un côté et les femmes de l’autre, comme dans nos sociétés dites « modernes ». Ils prenaient tout autant en considération l’existence des « Êtres-aux-deux-Esprits », c’est-à-dire des hommes-femmes ou des femmes-hommes. Appartenir à l’esprit féminin et à l’esprit masculin n’était considéré ni comme une anomalie ni comme un problème, mais, au contraire, comme une bénédiction. Cette bispiritualité était à leurs yeux source d’une sagesse supplémentaire. Dans ces sociétés, les gens comme moi, dotés d’une sensibilité appartenant aux deux sexes, étaient vus comme un atout pour la communauté. On leur confiait une place clé et des tâches nobles au sein du groupe, comme celui de conciliateur, de chamane ou de conteur. De plus, ils ou elles pouvaient s’unir à la personne de leur choix. Ce n’est pas l’Occident qui a inventé le mariage gay! Chez ces peuples, la sexualité, tout comme le genre, n’avait pas l’importance que nous lui donnons nous, et il n’existait aucun préjugé négatif sur les unions entre personnes du même sexe. Ce qui importait c’était la valeur de l’individu, ce qu’il ou elle était en mesure d’apporter à la tribu: savoirs, énergie, compétences. Et quand tu te renseignes plus avant sur le sujet, tu te rends compte qu’il en allait ainsi dans la plupart des sociétés anciennes, sur tous les continents. C’est l’arrivée des religions monothéistes, et tout particulièrement du Christianisme, qui a foutu la merde. Les Chrétiens ont fait une fixette sur la sodomie, et, durant les missions d’évangélisation et la colonisation, ils ont systématiquement rééduqué ou puni les individus homosexuels ou non binaires. Pour la plupart de ces populations, avant l’évangélisation, le concept d’homosexualité n’existait même pas. C’était, disons, un non-sujet. Et, l’existence des personnes trans était pour eux une réalité aussi basique que d’avoir deux jambes ou un nez au milieu de la figure… En tout cas, c’était quelque chose qui se situait au-delà des jugements moraux. J’ai pas mal de bouquins sur la transidentité et sur toutes ces questions autour du genre, à travers les âges et les civilisations. Regarde-les, et prête-les à ta mère, si tu veux, ça l’instruira sur la place des personnes trans dans l’Histoire, et elle aura peut-être moins peur de moi ensuite… Tiens, ça me fait penser que je dois avoir laissé deux ou trois livres chez notre chère Louise…

— C’est une idée, sourit Anh. Et ça serait plus constructif que de lui faire la gueule comme je l’avais prévu. Elle n’est pas complètement bornée après tout. Il faut que je lui laisse une chance.

— Eh bien voilà! À la bonne heure! Tu vois, quand tu veux! fit Keziah en l’enlaçant pour un baiser.

En refermant ses bras sur lui, Anh se sentit le cœur plus léger. Il se fit la réflexion que, après tout, l’oliban était peut-être effectivement magique.

Photo: ©MarkLiddell

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8 réflexions sur “Keziah #10 – Diva

  1. Merci Cécile , j’adore quand tu écris sur le genre , c’est un sujet qui m’intéresse énormément. Avec les années à venir qui se profilent, la redéfinition de la famille et les’questions sur le genre sont des enjeux cruciaux pour l’évolution de notre société. Nous avons besoin de personnes, qui comme toi en parlent avec simplicité, amour et objectivité…..je regrette juste ton manque de visibilité…….c’est la confidentialité, le secret…..qui entraînent la suspicion et le rejet . Je vois que tu te fais plaisir avec Keziah, c’est un idéal d’homme….et d’amant ton personnage! Je rêve de le rencontrer …..même si le manque de confiance, le narcissisme et les défauts d’Ahn me le font apprécier tout autant……il est terrible d’humanite….comme nous tous d’ailleurs, traversées par de sombres pensées à certains moments et puis, à d’autres , par la chaleur de l’optimisme et des sentiments positifs…..
    Tes photos sur Insta sont très poétiques
    Je te fais mille Bibi
    Ella💙

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    • Merci pour ce retour, Ella! 🙂
      Moi aussi je m’interroge beaucoup sur le genre, et ce, depuis que je suis ado. Je suis ravie, aujourd’hui, que ce sujet soit abordé de plus en plus souvent. La parole des premiers concernés se libère, et ils ont bien des choses à faire comprendre au cisgenres!
      En fait, je n’ai jamais bien compris ce que c’était d’être une femme ^^’. Je suis beaucoup plus à l’aise avec les questions autour de la famille, de l’amour, du sexe et l’humanisme, qu’avec celles sur le genre. Étonnamment, je comprend mieux le concept de féminité depuis que je suis la chaîne YouTube de Laura Badler qui en connaît un rayon sur la question puisqu’elle est une jeune femme trans. Elle aborde la transidentité – et sa transition – de manière très décomplexée et pédagogique (malheureusement, elle vient d’arrêter YouTube pour un temps indéterminé…). Avec elle, j’en ai beaucoup appris. Tout ce qui tourne autour de ce theme, au fond, m’interpelle, car on touche là à ce que c’est qu’être un humain, comment on se construit soi, comment la société dans laquelle on évolue nous construit, quel sens ont les codes qu’on nous impose dès l’enfance, etc. Autant de sujet, je trouve, passionnants.

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  2. Merci de ce beau récit. Pas pris le temps de commenter plus tôt, mais comme d habitude, j adore et je suis avec passion, en attendant l épisode suivant avec impatience ! Addictifs, t’es ecrits!

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    • Merci pour ce petit mot, Arthur, ça fait toujours plaisir ! Je suis si lente, ces temps-ci, que j’ai l’impression que j’ai perdu des lecteurs en route et que, du coup, plus grand monde ne me lit…

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  3. Encore une fois, merci pour ce beau chapitre ! 🙂

    La mère d’Anh me semble surtout être bloquée par les principes qui lui ont permis de s’intégrer dans la société occidentale après avoir quitté sa patrie. Travail acharné, rester dans les clous, se conformer à un moule sans rien qui dépasse… Elle exprime effectivement des peurs qui ne regardent qu’elle, mais Anh doit aussi lui laisser le temps de s’y faire et la guider sur la voie de l’acceptation, plutôt que d’aller au conflit.

    Keizah a toujours les mots justes pour désamorcer la situation et faire en sorte que son conjoint ne se mine pas trop à cause de l’altercation maternelle. Mais c’est compliqué de passer outre les jugements de la personne qui vous a mis au monde.

    Concernant les êtres aux deux esprits, j’en ai entendu parler dans la série Docteur Quinn. Le thème est abordé dans un épisode où un vieux farfelu a une attirance assumée pour les autres hommes. Tu me diras que ce n’est pas forcément une référence, et je ne te contredirai pas là dessus. x)

    Je te souhaite une très bonne fin de semaine ! 🙂

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    • Hello John !
      La maman d’Anh est née et a grandi en France, mais elle reste sans doute imprégnées de certains principes hérités, en effet. Encore que, pour être dérangé par la féminité d’un homme, il n’est pas nécessaire d’être d’une autre culture que bien française (si cela a encore un sens…). Quand je vois certains commentaires sous la bande annonce du film « Girl », par exemple, que de haine et d’incompréhension !! Dans l’imaginaire de beaucoup, les gens qui mélangent les genres, hommes féminins, trans et androgynes, n’ont que 3 options: se cacher, devenir drag-queen ou se prostituer (quand ce n’est pas pire!) 😦
      Le chemin est encore long vers le respect des différences, hélas.
      Merci pour ton com et bonne semaine à toi également 🙂

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      • Je viens de voir les quelques commentaires sur Allociné, effectivement c’est affligeant… je veux bien que l’on puisse débattre, mais je nous croyais un peu plus évolués que ça tout de même.

        Il y a encore de la route.

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      • Une règle absolue si tu veux garder le moral : ne JAMAIS lire les commentaires sous les article abordant l’homosexualité, la transidentité, le genre, l’éducation sexuelle à l’école et même la sexualité en générale. Les gens délirent systématiquement (et j’utilise là le terme médical, hein)… Moi, j’écris, donc je n’ai pas le choix, il faut que je m’informe aussi du niveau de connerie ambiant (pardon pour ce vocabulaire, mais bon…). Bref… Comme tu dis, il y a du chemin. :/

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